Envoyer des données clients à une IA via API : ce que disent OpenAI, Anthropic et Google
Conservation, entraînement, localisation : ce que les pages officielles d'OpenAI, d'Anthropic et de Google disent des données envoyées par API, d'après les textes lus le 8 novembre 2026.
Envoyer des données clients à une IA via API : ce que disent OpenAI, Anthropic et Google
Brancher un chatbot à une API d'IA, c'est envoyer des messages de vos clients chez un tiers. La bonne question n'est pas « est-ce sûr ? » mais « que dit le contrat, et qu'est-ce qui reste à vérifier ? ».
Réponse courte. D'après les pages officielles lues le 8 novembre 2026, les trois fournisseurs affirment que les données envoyées par API payante ne servent pas à entraîner leurs modèles par défaut, mais ils conservent quand même une partie de ces données pendant un temps limité : jusqu'à 30 jours chez OpenAI (journaux de surveillance des abus), 30 jours chez Anthropic (avec exceptions), et une durée non précisée dans les conditions de Google pour les services payants. La localisation est le point le moins clair : OpenAI publie des régions de résidence, Google parle d'un stockage possible dans tout pays où il a des installations, et nous n'avons pas trouvé de page de localisation officielle pour Anthropic. Ce n'est pas un conseil juridique.
Transparence. BOVO Digital est une agence basée à Abomey-Calavi (Bénin) qui développe des chatbots et des automatisations connectés à des API d'IA : nous avons un intérêt dans ce sujet. Cet article ne repose sur aucun projet, aucun client, aucun prix et aucun résultat de BOVO. Il résume des pages publiques de politique de données et de conditions d'utilisation, lues le 8 novembre 2026. Nous ne sommes pas juristes, nous n'avons signé aucun accord de zéro rétention avec ces fournisseurs pour cet article, et nous n'avons rien testé techniquement.
La différence qui compte : interface grand public et API
Beaucoup de dirigeants ont déjà lu que « l'IA garde vos conversations pour s'entraîner ». Ce qu'on lit dans la presse concerne souvent les applications grand public (la version gratuite ou l'abonnement personnel d'un assistant). Les API sont des produits distincts, avec des conditions commerciales distinctes.
La page d'Anthropic sur le sujet le dit nettement pour ses produits commerciaux : elle traite les offres de type Claude pour le travail et l'API, et renvoie les offres grand public (Free, Pro, Max) vers un autre article. Les conditions commerciales d'Anthropic contiennent la phrase « Anthropic may not train models on Customer Content from Services » (section B, lue le 8 novembre 2026). OpenAI, dans son guide sur les données, écrit que les données envoyées à l'API ne servent pas à entraîner ou améliorer ses modèles. Google sépare, lui, les « services payants » et les « services gratuits » : la frontière passe par le paiement, pas par l'interface.
Conséquence pratique : si votre chatbot appelle une API avec un compte professionnel payant, les règles applicables sont celles de l'API. Si un employé colle des données clients dans la version gratuite d'un assistant, ce sont d'autres règles, et ce cas n'est pas traité ici.
OpenAI : ce que dit le guide sur les données
Page lue : guide « Your data » (l'ancienne adresse platform.openai.com redirige vers elle ; la page n'affiche pas de date de mise à jour).
- Entraînement. Le texte dit que les données envoyées à l'API ne sont pas utilisées pour entraîner ou améliorer les modèles d'OpenAI.
- Conservation par défaut. Le texte dit que des journaux de surveillance des abus sont générés pour toutes les fonctions de l'API et conservés jusqu'à 30 jours par défaut.
- État applicatif. Certaines fonctions gardent des données pour exécuter une tâche. La page indique que l'API Responses a une durée de conservation de l'état applicatif de 30 jours par défaut, et que les réponses sont gardées au moins 30 jours si le paramètre
storeest omis ou vrai. Les objets de l'API Assistants (conversations, bases vectorielles) non supprimés sont, selon la page, conservés indéfiniment. Les fichiers peuvent être supprimés automatiquement avec un paramètre d'expiration. - Zéro rétention. La page décrit un mode Zero Data Retention qui exclut le contenu client des journaux de surveillance des abus. Avec ce mode,
storeest toujours traité comme faux. Nous n'avons pas lu les conditions pour y accéder. - Localisation. La page liste des régions de résidence des données : États-Unis, Europe (EEE et Suisse), Australie, Canada, Japon, Inde, Singapour, Corée du Sud, Royaume-Uni et Émirats arabes unis. Elle précise que le stockage et le traitement régionaux ne sont pas disponibles dans toutes les régions et pour toutes les fonctions. Pour une résidence hors des États-Unis, la page parle d'un avenant à signer (« Modified Retention amendment »).
- Accord de traitement des données. Cette page ne mentionne pas d'accord de traitement des données. Nous avons tenté de lire la page distincte d'OpenAI consacrée à cet accord : le serveur a refusé l'accès (erreur 403), donc son contenu n'a pas été lu.
À retenir : « 30 jours » apparaît plusieurs fois mais pour des choses différentes (journaux d'abus, état applicatif). Il faut savoir quelle fonction votre automatisation utilise.
Anthropic : conservation, exceptions et zéro rétention
Pages lues : la page sur la durée de stockage des données d'une organisation, la page sur l'entraînement des modèles et les conditions commerciales.
- Conservation par défaut. La page dit que Anthropic supprime automatiquement les entrées et sorties de son système sous 30 jours après réception ou génération, sauf exceptions.
- Exceptions listées. Un service à conservation plus longue sous votre contrôle (l'API de fichiers est citée en exemple) ; un accord différent (un accord de zéro rétention est cité en exemple) ; la nécessité de conserver plus longtemps pour appliquer la politique d'usage ; le respect de la loi.
- Contenus signalés. La page indique que si les systèmes de sécurité automatisés signalent un échange pour violation de la politique d'usage, entrées et sorties peuvent être gardées jusqu'à 2 ans, et les scores de classification jusqu'à 7 ans. Les données liées à un retour (pouce haut ou bas, rapport de bogue) sont gardées 5 ans.
- Entraînement. La page sur l'entraînement dit que, par défaut, Anthropic n'utilise pas les entrées ou sorties de ses produits commerciaux, sauf si vous envoyez un retour ou autorisez cet usage. Les conditions commerciales ajoutent qu'Anthropic ne peut pas entraîner de modèles sur le contenu client.
- Accord de traitement. Les conditions commerciales disent que les données envoyées via les services sont traitées conformément à l'accord de traitement des données d'Anthropic, incorporé par référence. Nous n'avons pas lu cet accord lui-même.
- Localisation. Les conditions renvoient à une politique sur les régions prises en charge, que nous n'avons pas lue. Nous n'avons trouvé aucune page officielle indiquant où les données de l'API sont traitées. Des sites tiers se contredisent sur ce point : nous ne les citons pas comme preuve.
Une page tierce affirme que la durée de conservation de l'API serait passée de 30 à 7 jours en septembre 2025. Nous n'avons pas pu le confirmer sur une page d'Anthropic, et la page officielle que nous avons lue dit 30 jours. C'est un bon exemple de ce qui change : demandez la durée applicable par écrit.
Google : la distinction services payants et gratuits
Pages lues : conditions d'utilisation de l'API Gemini (l'ancienne adresse ai.google.dev redirige vers elle) et politique des journaux.
- Services gratuits. Les conditions disent que Google utilise le contenu envoyé et les réponses générées pour fournir et améliorer ses services, et que des relecteurs humains peuvent lire, annoter et traiter vos entrées et sorties. Le texte lu ne fixe pas de durée de conservation générale pour cet usage ; il donne 30 jours pour une fonction précise (l'ancrage sur la recherche Google).
- Services payants. Les conditions disent que Google n'utilise pas vos requêtes ni réponses pour améliorer ses produits, et qu'il journalise requêtes et réponses pendant une durée limitée, uniquement pour détecter et prévenir les violations de sa politique d'usage. La durée n'y est pas précisée.
- Journaux de l'interface AI Studio. La page des journaux indique une conservation maximale par défaut de 55 jours, réglable à 7, 14, 28 ou 55 jours. Les journaux placés dans des jeux de données n'ont pas de durée fixe. Pour les projets avec facturation, elle dit que les requêtes et réponses des journaux ne sont pas utilisées par défaut pour l'amélioration des produits. Elle décrit aussi un niveau « Contributor » : une réduction de prix contre l'autorisation d'utiliser les données, avec le conseil de ne pas envoyer d'informations sensibles ou personnelles.
- Localisation. Pour les services payants, les conditions disent que ces données peuvent être stockées de façon transitoire ou mises en cache dans tout pays où Google ou ses agents ont des installations.
Le piège est donc précis : un compte gratuit ou un projet sans facturation peut changer le régime applicable. Pour des données clients, ne testez pas avec un compte gratuit.
Tableau récapitulatif (pages lues le 8 novembre 2026)
| Point | OpenAI | Anthropic | |
|---|---|---|---|
| Entraînement via API payante | Non, selon le guide | Non, selon les conditions commerciales | Non pour les services payants, possible pour les gratuits |
| Conservation par défaut | Journaux d'abus jusqu'à 30 jours | Suppression sous 30 jours, avec exceptions | Durée non précisée (conditions) ; 55 jours max pour les journaux AI Studio |
| Zéro rétention | Mode décrit, conditions non lues | Cité comme exception par accord | Non trouvé |
| Accord de traitement des données | Page distincte, non lue (accès refusé) | Incorporé aux conditions, non lu | Non vérifié |
| Localisation | Régions publiées, avenant pour hors États-Unis | Non trouvé | Stockage possible dans tout pays où Google opère |
Ce que cela change pour une PME africaine
Trois situations concrètes, qui sont un raisonnement et non un résultat mesuré.
Un chatbot de service client. Les messages contiennent souvent un nom, un numéro de téléphone, parfois une adresse. Ces éléments sortent de votre système vers un fournisseur étranger. Avant de brancher quoi que ce soit, décidez si le chatbot a vraiment besoin de ces champs. Remplacer le nom par un identifiant avant l'envoi réduit ce qui part, et ne demande pas de contrat.
Une automatisation qui résume des documents. Si vous envoyez des contrats, des factures ou des dossiers, vérifiez la fonction utilisée. Un fichier envoyé via une API de fichiers peut suivre une règle de conservation différente de celle d'un message simple (les deux premiers fournisseurs le disent dans leurs pages).
Une automatisation qui tourne dans un outil tiers. Si votre flux passe par un outil d'automatisation, il y a deux sous-traitants : l'outil et le fournisseur d'IA. Chacun a ses propres conditions, et nous n'en avons lu aucune du côté de l'outil dans cet article.
Sur le plan légal, la protection des données varie d'un pays à l'autre. Nous avons détaillé le cadre béninois dans notre article sur le Code du numérique et la prospection par WhatsApp et la comparaison régionale dans la protection des données en Afrique de l'Ouest. Envoyer des données personnelles à l'étranger peut demander une information des personnes, une déclaration ou une autorisation selon le pays : nous ne tranchons pas ici ce qui s'applique à vous.
Questions à poser avant de signer ou de brancher
- Quel compte et quelle offre ? Un compte professionnel payant, jamais un compte gratuit, pour des données clients.
- Quelle fonction de l'API ? Message simple, fichiers, conversations stockées, mode en arrière-plan : la conservation diffère.
- Quelle durée de conservation s'applique à mon compte ? Demandez-la par écrit, car les pages changent.
- Un accord de traitement des données est-il signé, et que dit-il des transferts hors de votre pays ?
- Puis-je obtenir zéro rétention, à quelles conditions, et pour quelles fonctions ?
- Où les données sont-elles traitées et stockées ? Si la réponse est « partout où le fournisseur opère », écrivez-le dans votre registre.
- Quelles données ne doivent jamais partir ? Pièces d'identité, données de santé, numéros de compte, mots de passe : excluez-les en amont.
- Qui, chez vous, relit ces conditions tous les six mois ? Les pages évoluent, comme l'exemple de la durée de 30 ou 7 jours le montre.
L'alternative : garder les données chez soi
Si ces réponses ne vous conviennent pas, un modèle exécuté sur votre propre serveur évite l'envoi à un tiers, au prix d'un autre travail (matériel, maintenance, qualité du modèle). Nous avons comparé les deux approches dans IA locale ou cloud pour une PME. Ce n'est pas toujours la meilleure option, mais c'est une option.
Ce que nous ne savons pas
- Les accords de traitement des données eux-mêmes. Nous n'avons lu ni celui d'Anthropic, ni celui d'OpenAI (accès refusé), ni celui de Google. Leur contenu sur les sous-traitants et les transferts n'est pas décrit ici.
- Les conditions d'accès au zéro rétention chez les trois fournisseurs, leur coût éventuel et leur délai.
- La localisation du traitement chez Anthropic. Aucune page officielle trouvée.
- La durée exacte de conservation des journaux des services payants chez Google hors AI Studio.
- La durée actuelle d'Anthropic. La page lue dit 30 jours ; une source tierce parle de 7 jours ; nous ne pouvons pas trancher.
- Les offres via des revendeurs ou des clouds (accès aux mêmes modèles par une plateforme d'hébergement tierce), dont les conditions peuvent différer.
- L'application des lois béninoises ou régionales à votre cas : nous ne sommes pas juristes.
- Les changements après le 8 novembre 2026. Ces pages sont modifiées sans préavis connu de nous.
Sources consultées le 8 novembre 2026
Les politiques de données changent. Relisez les pages avant toute décision.
- OpenAI, guide sur les données : developers.openai.com/api/docs/guides/your-data (lu le 8 novembre 2026, sans date affichée). Page de l'accord de traitement : openai.com/policies/data-processing-addendum (accès refusé, non lue).
- Anthropic : durée de stockage des données, entraînement des modèles, conditions commerciales (lues le 8 novembre 2026).
- Google : conditions de l'API Gemini et politique des journaux (lues le 8 novembre 2026).
- Une recherche web sur la localisation et la durée chez Anthropic a renvoyé des sites tiers qui se contredisent ; nous ne les utilisons pas comme source.
Pour aller plus loin
Sur le cadre légal, voir le Code du numérique béninois et la protection des données en Afrique de l'Ouest. Pour juger un prestataire, la checklist RGPD pour un prestataire hors UE. Pour la question du modèle hébergé chez vous, IA locale ou cloud.
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FAQ
Les données envoyées par API servent-elles à entraîner les modèles ?
D'après les pages lues le 8 novembre 2026, pas par défaut pour les offres payantes. OpenAI écrit que les données envoyées à son API ne sont pas utilisées pour entraîner ou améliorer ses modèles. Les conditions commerciales d'Anthropic disent qu'Anthropic ne peut pas entraîner de modèles sur le contenu client des services. Pour Google, les conditions distinguent : les services payants n'utilisent pas vos requêtes pour améliorer les produits, les services gratuits le peuvent, avec relecture humaine possible. Ces textes changent, relisez-les avant de signer.
Combien de temps le fournisseur garde-t-il mes requêtes ?
Cela dépend du fournisseur et des fonctions utilisées. Pages lues le 8 novembre 2026 : OpenAI indique des journaux de surveillance des abus conservés jusqu''à 30 jours par défaut, et 30 jours d''état applicatif pour l''API Responses. La page d''Anthropic dit supprimer entrées et sorties sous 30 jours, avec des exceptions. Google indique une durée maximale par défaut de 55 jours pour les journaux de son interface AI Studio, et ne précise pas la durée pour les journaux des services payants dans ses conditions. Une page tierce évoque 7 jours chez Anthropic : nous ne l''avons pas vérifié.
Peut-on demander zéro rétention ?
Chez OpenAI, la page décrit un mode Zero Data Retention qui exclut le contenu client des journaux de surveillance des abus ; nous n''avons pas lu ses conditions d''éligibilité. Anthropic cite les accords de zéro rétention comme une exception possible à la suppression sous 30 jours, sans en décrire les conditions sur la page lue. Pour Google, nous n''avons pas trouvé d''équivalent nommé dans les pages lues. Dans les trois cas, c''est un accord à demander, pas une case à cocher.
Où sont traitées mes données ?
OpenAI liste des régions de résidence des données (dont l''Europe, le Royaume-Uni, l''Inde, le Japon, Singapour et les Émirats), avec des restrictions selon les fonctions et un avenant à signer pour une conservation hors des États-Unis. Google écrit, pour les services payants, que les données peuvent être stockées ou mises en cache dans tout pays où Google ou ses agents ont des installations. Pour Anthropic, nous n''avons pas trouvé de page officielle de localisation : les conditions renvoient à un document sur les régions prises en charge que nous n''avons pas lu.
Est-ce un conseil juridique ?
Non. Cet article résume des pages publiques, à une date donnée, sans avocat. Il ne dit pas si votre usage respecte la loi béninoise ou celle d''un autre pays. Pour des données de clients, faites relire le contrat et l''accord de traitement des données par un juriste, et vérifiez l''obligation de déclarer ou de demander une autorisation auprès de l''autorité de protection des données de votre pays.
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William Aklamavo
Expert en développement web et automatisation, passionné par l'innovation technologique et l'entrepreneuriat digital.
